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Genre en situation coloniale et postcoloniale – Programme

février 22, 2013

Séminaire mensuel NYU Paris et Centre d’Histoire du XIXe siècle à NYU Paris :

56 rue de Passy
75016 Paris
(métros Passy sur la ligne 6 ou La Muette sur la ligne 9).

En cas de problème tél : 01 53 92 50 80.

Responsable : Christelle Taraud

Christelle Taraud est Professeure à New York University en France, où elle dirige le projet
«Genre et colonisation», et membre du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle (Paris I/Paris IV). Elle travaille notamment sur les femmes, le genre et la sexualité en contexte colonial maghrébin. Elle est par ailleurs l’auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962, Paris Payot, 2003 ; de Mauresques. Femmes orientales dans la photographie coloniale (1860-1910), Paris, Albin Michel, 2003 ;  de Femmes d’Afrique du Nord. Cartes postales (1885-1930), Paris, Editions Bleu Autour, 2006 (troisième édition 2011) ; et de Sexe et colonies. Virilité, homosexualité et tourisme sexuel au Maghreb (1830-1962), Paris, Payot, à paraître en 2013.

 Le genre en situation coloniale et post-coloniale

Coloniser a toujours été perçu comme un acte essentiellement masculin.
C’est sans doute pour cette raison que l’histoire de la colonisation (et de la décolonisation)
– qui, jusqu’à une date récente, était le plus souvent écrite par des hommes – n’a fait que peu de place
aux femmes, aux rapports sociaux de sexe, à la construction des identités de genre et plus encore
à l’histoire de la sexualité en situation coloniale. Considérées comme quantités négligeables dans les périodes belliqueuses (de guerre ou de pacification), les femmes (et par extension le genre et les questions sexuelles) n’ont certes pas eu une visibilité plus importante en temps de paix alors même qu’elles se trouvent, comme agents d’un mission civilisatrice française dont le triptyque fondateur est « éduquer, moraliser, convertir », au cœur de l’affirmation de la puissance nationale et de la domination coloniale. Au point que l’on peut à juste titre se demander aujourd’hui si la colonisation française a bien eu, à un moment de son histoire, un genre ? Pour répondre à cette question, le séminaire mensuel « Le genre en situation coloniale et post-coloniale » se propose de faire, dans un premier temps, un état des lieux de la question sur la longue durée (des débuts du second Empire colonial français au XIXe siècle à ses prolongements post-coloniaux d’aujourd’hui) en privilégiant l’approche interdisciplinaire et trans-coloniale (pour éviter la surexposition d’une partie de l’Empire au détriment des autres) et trans-impériale (en n’hésitant pas à recourir au comparatisme pour expliquer tant la gestion coloniale que post-coloniale des politiques genrées/et sexuelles) et dans un souci de va-et-vient chronologique qui prenne le passé comme moyen privilégié d’éclairer, d’analyser, et de comprendre, le présent de la France mais aussi des anciens territoires colonisés. Dans cette perspective, on s’efforcera tout particulièrement de mettre en commun de nouvelles sources, de nouvelles problématiques et de nouvelles approches (liant par exemple micro-histoire et histoire sociale, subaltern studies et post-colonial studies aux gender studies) dans le but de circonscrire un territoire émotionnel et politique (le genre en situation coloniale et post-coloniale) qui semble chaque jour, au regard des très nombreuses polémiques qui sont en lien avec (collaboration charnelle, tortures et viols pendant le guerre d’Algérie, violences sexuelles de la guerre civile en Algérie, affaire des viols collectifs dans les quartiers difficiles, question du voile et de la laïcité, « qualités essentielles » et virginité dans le mariage en France…) prendre plus d’importance, aussi bien dans ce qui fut l’Empire colonial français, qu’en France post-coloniale.

Programme des séances 2013

 Attention : pas de séances à Paris en janvier et février 2013. Une séance du séminaire se tiendra cependant à New York, à l’Institute of French Studies de NYU, le vendredi 8 février 2013.

  • Vendredi 8 Février 2013 : Journée d’études « Archives de l’intime » co-organisée avec
    l’Institute of French Studies de NYU à New York, avec Emily Apter, Edward Berenson,
    Claudie Bernard, Todd Shepard, Ann-Laura Stoler, Judith Surkis, et Christelle Taraud.
  •  Mercredi 20 mars 2013 : Fabio Giomi,  «Le genre de la fête. La place des femmes dans la culture festive musulmane dans la Bosnie post-ottomane » Fabio Giomi est Docteur en Histoire, sa thèse portant sur le sujet suivant : « Entre genre,classe, confession et nation : la «question de la femme musulmane » et la culture associativeBosnie-Herzégovine (1903-1941) ». Depuis janvier 2012 il est membre associé du CETOBAC et co-anime, avec Nathalie Clayer, le séminaire « États, nations et confessions dans l’Europe du Sud-Est à la sortie des Empires » (EHESS)
  • Mercredi 24 avril 2013 : Christina Wu, « Écrit sur le Corps : Genre, Colonialisme et Espace public dans l’Affaire Maria Hertogh (1950) ».Christina Wu est Doctorante en cotutelle sous la direction de Laura Lee  Downs (EHESS) et de Paul Servais (Université Catholique de Louvain). Ses recherches portent sur l’histoire des femmes, de l’enfance et du genre à l’époque coloniale en Asie du Sud-Est. Son travail de M1 sur l’affaire Maria Hertogh, effectué à l’Université Nationale de Singapour en 2010, a été publié par la Malaysian Branch of the Royal Asiatic Society dans un livre collectif intitulé « Studies in Malaysian & Singapore History ». Elle a approfondi ce travail lors de son M2 à l’EHESS. Elle est aspirante du FNRS (Fonds de la Recherche Scientifique Belge) depuis octobre 2011.
  • Mercredi 22 mai 2013 : Vernissage de l’exposition, Fragments,
    de l’Artiste plasticienne Souad El Maysour.
    Ce vernissage sera accompagné d’une « conversation » entre  Souad El Maysour et Christelle Taraud.

    Souad El Maysour est une artiste plasticienne qui travaille sur le déplacement de pratiques traditionnelles en réinterrogeant les images qui font parties de la mémoire collective et en abordant l’instrumentalisation du corps des femmes à travers la question du voile, de la lumière, de l’ombre,
    ou de l’obscurité. Ses thèmes de prédilection sont avant tout l’identité, le rapport à l’autre, le corps et
    le temps. Après une recherche de plusieurs années à propos du « corps objet », le glissement vers
    le portrait en tant qu’identité s’est fait tout naturellement, notamment en proposant une relecture
    des cartes postales produites au début du XXe siècle en Afrique du Nord et en fixant le cadre
    sur les visages ou sur certaines parties des corps de modèles uniquement féminins.

 

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